- Jul 30, 2024
Les troubles et différences souvent associées et confondues avec l’autisme
- Mésange
🍄 Il existe tout un tas de particularités et de neuro-atypies que l’ont peut facilement confondre avec l’autisme. De plus, un très grand nombre de personnes autistes cumulent plusieurs particularités !
🍄 De cette façon on retrouve des personnes à la fois autistes et TDA/H, ou alors HPI avec des TAG… et ainsi de suite. Toutes les combinaisons sont possibles. Dans cet article, nous allons voir quels troubles et différences l’ont retrouve le plus souvent, cumulées à l’autisme ou non.
🍄 Le Haut-Potentiel Intellectuel (HPI).
🍄 Le haut-potentiel n’est pas un trouble, c’est une particularité cognitive. Il s’agit simplement du fait d’avoir un QI global au dessus de 130. Les clichés tendent à nous faire croire qu’il existe un profil type, du genre le gros intello extraverti très fort en maths qui a sauté deux classes. Mais chacun vit son intelligence à sa manière.
🍄 La seule façon de savoir si l’on est concerné/e est de passer le WAIS (pour les adultes) ou le WISC (pour les enfants), auprès d’un professionnel. Aucun test sur internet ne vous donnera une idée fiable de votre QI.
Les signes qui mettent sur la piste d’un HPI : une forte envie d’être stimulé/e intellectuellement (apprendre, découvrir, progresser…), avoir une pensée en arborescence et avoir du mal à « faire le vide » dans sa tête, sur-traiter toutes les informations que l’on reçoit (même celles qui ont très peu d’importance), avoir un besoin très prononcé de sens (si une action ne fait pas sens pour nous, il sera très compliqué de nous motiver à la faire, voire impossible).
🍄 On peut facilement confondre le HPI avec l’autisme pour deux principales raisons. La première, c’est que les autistes montrés à la télé sont généralement haut potentiel également (c’est bon pour l’audimat). Du coup, on associe les deux dans notre imaginaire. La deuxième, c’est que les comportements liés à la douance s’apparentent souvent à ceux des personnes autistes : les passions dévorantes, la tendance à se camoufler en société pour paraître « normal », s’ennuyer dans les discussions banales entre amis…
🍄 Le Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH)
🍄 Contrairement au HPI, le TDAH est bien un trouble neurodéveloppemental. Il se base sur 3 piliers : l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité. Il est relativement fréquent car il touche plus ou moins 4% de la population.
🍄 Les signes d’un potentiel TDAH : avoir du mal à se concentrer longtemps, être très rapidement distrait/e, tendance à éviter les activités qui demandent une concentration prolongée (lire, regarder un film, rédiger un document écrit…), avoir du mal à rester immobile, avoir du mal à contrôler ses émotions, à s’organiser…
🍄 Le TDAH peut également être confondu avec l’autisme car il y a un chevauchement des traits.
Par exemple, une personne autiste peut avoir beaucoup de mal à se concentrer notamment si elle est dérangée et distraite par des bruits, des lumières particulières, ou encore par la fatigue (à force de compenser toute la journée). Les autistes peuvent aussi avoir du mal à réguler leurs émotions, comme les TDAH. Chez ces derniers, il peut aussi y avoir des difficultés dans les activités sociales, engendrées notamment par l’inattention ou l’impulsivité.
🍄 La principale différence entre les deux troubles réside dans le fait que les TDAH ont avant tout des difficultés attentionnelles là où les autistes ont d’abord des difficultés au niveau des interactions sociales (manque d’intérêts pour elles, manque de réciprocité, compréhension de son rôle…). Ceci étant dit, il est fréquent qu’un même individu soit touché par les deux troubles.
🍄 Le Trouble de l’anxiété Généralisé (TAG).
🍄 Le trouble anxieux généralisé se caractérise avant tout par une tendance à l’inquiétude prononcée, et ce depuis plusieurs mois (6 mois minimum) et de façon envahissante. La personne concernée ne parvient pas du tout à réguler ce stress. Cela a bien entendu des conséquences sur la santé physique et mentale de la personne : fatigue, problèmes de sommeil, tension musculaire, problèmes de concentration…
🍄 Les signes du TAG : grosse intolérance à l’incertitude, vouloir tout contrôler de manière à ne laisser aucune chance au malheur, se faire du soucis pour tout, ruminer énormément, mauvaise gestion des situations stressantes (comportements qui empirent le stress, comme par exemple lire tous les articles doctissimo sur le cancer parce qu’on a mal à la gorge), choisir le soulagement du stress à court terme plutôt que les solutions aux problèmes…
🍄 La grande différence entre un Tag et l’autisme, c’est que le TAG peut être « guéri ». De plus en plus de recherches mettent en avant des prises en charges et traitements pour les personnes concernées.
Contrairement à l’autisme également, le TAG peut apparaître à n’importe quel moment de la vie. L’autisme n’apparaît pas, on naît et on meurt avec. Le grand point commun entre les deux, c’est sûrement l’intolérance à l’incertitude. Les autistes détestent généralement les situations imprévisibles et ont besoin de se préparer avant une situation nouvelle. Et bien entendu, l’autisme favorise l’anxiété, notamment dans les lieux bruyants, sociaux ou imprévisibles.
🍄 Les troubles « dys »
🍄 Les troubles dys sont fréquents, nous avons tous connu un camarade dyslexique à l’école. Ces troubles cognitifs entraînent des difficultés au niveau de l’apprentissage. Il en existe tout un tas : la dyspraxie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dysphasie… les personnes concernées auront tendance à perdre confiance en elles, car pour pallier leurs difficultés, elles travaillent plus que les autres et ce sans forcément obtenir un résultat proportionnel à leur investissement. Ces personnes n’ont pas de déficience intellectuelle par ailleurs.
🍄 Tout comme l’autisme, le trouble dys n’apparaît pas au cours de la vie, on naît avec. On ne peut pas non plus le « guérir » complètement. Guérir est entre guillemets car, ce trouble n’étant pas une maladie, ce terme n’est en réalité pas approprié. Pour aider les personnes concernées, on propose généralement des stratégies de compensation.
🍄 On peut facilement confondre les troubles dys avec l’autisme notamment chez les enfants car un autiste peut rapidement être concerné par des soucis d’apprentissage liées à son hypersensibilité sensorielle, à son intolérance au changement, à son anxiété à l’école ou au travail, ou encore à la fatigue.
De plus, les difficultés de communication des autistes peuvent parfois évoquer la dysphasie. Ceci dit, beaucoup d’autistes sont très forts voire en avance sur tout ce qui concerne l’apprentissage de la lecture et du vocabulaire. Il sont simplement moins habiles lorsqu’il s’agit d’utiliser ce langage pour interagir avec d’autres individus.
La dyspraxie évoque aussi le côté parfois malhabile de certaines personnes autistes. La grande différence, c’est que les troubles dys ne concernent que l’apprentissage (notamment des fondamentaux de l’école) et non pas tout ce qui touche les habiletés sociales et les intérêts spécifiques.
🍄 Trouble Borderline
🍄 Les personnes borderline sont touchées par une instabilité émotionnelle et relationnelle prononcée. Leurs fluctuations d’humeur peuvent être extrêmes et passer du tout au tout. Leur image d’elles mêmes et des personnes qui les entourent peuvent passer d’un extrême à un autre. Elles sont terrorisées par l’abandon, la solitude et le rejet. Elles peuvent changer de point de vue de façon inattendue et spectaculaire.
🍄 On peut confondre le trouble borderline avec la bipolarité mais il s’agit bien de diagnostics différents. La personne concernée par la bipolarité est touchée par un trouble de l’humeur (elle connaît des périodes de manie, des périodes calmes et des périodes dépressives). La personne concernée par le trouble borderline est touchée par un trouble de personnalité. Ce n’est pas seulement l’humeur qui est concernée, mais aussi la cohérence des comportements avec les autres et soi même, et la perception que l’on a d’autrui et de soi.
🍄 Si les autistes sont souvent confondu/es avec les personnes borderline ou bipolaires, c’est par principalement en raison de l’altération des interactions sociales, de la difficulté de se faire des amis pour certains cas, mais aussi des crises. Un/e autiste et un/e borderline qui craquent peuvent avoir un comportement qui, vu de l’extérieur, semble similaire, avec notamment une difficulté à gérer ses émotions.
🍄 Pour faire simple au niveau des différences entre les deux, il faut savoir que pour un borderline, la peur de l’abandon prédomine. Bien sûr, il y a toujours des personnes autistes qui vont avoir peur de la mise à l’écart, mais chez la personne borderline, c’est une question de survie et non une simple crainte. Chez cette dernière, il est question de guetter le moindre signe qui traduirait un abandon. Des crises de jalousie et de colère extrêmes peuvent éclater. Ce n’est pas un trait que l’on met en avant dans la description de l’autisme.
🍄 De la même façon, les crises autistiques se déclenchent généralement en raison d’un trop plein sensoriel, d’un imprévu que l’on a du mal à encaisser, ou même d’une frustration liée à notre incompréhension des situations sociales.
🍄 Chez le borderline, les crises se déclenchent généralement par le sentiment prononcé d’insécurité affective. Et enfin, la tendance à changer son opinion sur une personne tierce du tout au tout, un trait typique du borderline, n’est pas spécialement présente dans l’autisme. Dans l’autre sens, les intérêts spécifiques et comportements répétitifs sont typiques des personnes autistes et non des personnes touchées par le trouble borderline.